Une légende amérindienne raconte qu'un beau jour,
toutes les couleurs du monde entier se mirent à se disputer.
Chacune prétendait qu'elle était la plus belle,
la plus importante, la plus utile, la préférée !
Elles se vantaient à haute voix,
chacune étant bien convaincue
d'être la meilleure.
Leur querelle enfla de plus en plus.
Soudain un éclair d'une lumière aveuglante
apparut dans le ciel, accompagné de roulements de tonnerre.
La pluie commença à tomber à torrents, sans discontinuer.
Effrayées, toutes les couleurs se tapirent
et se rapprochèrent pour chercher un abri
les unes près des autres.
La pluie prit la parole :
« Vous, créatures qui vous battez entre vous,
chacune essayant de dominer l'autre, ne savez-vous pas que c'est Dieu
qui vous a faites toutes, chacune dans un but particulier, uniques et différentes ?
Il aime chacune d'entre vous, Il a besoin de vous toutes.
Joignez vos mains et venez à moi.
Il va vous étendre à travers le ciel en un magnifique arc-en-ciel,
pour vous montrer qu'il vous aime toutes,
que vous pouvez vivre ensemble en paix.
Comme une promesse qu'il est avec vous,
et comme signe d'espérance pour demain... ».
Ainsi, chaque fois que Dieu envoie une pluie pour laver le monde,
Il place l'arc dans son ciel.
Et quand nous l'apercevons, nous pouvons nous rappeler
qu'il veut que nous sachions, nous aussi,
nous apprécier les uns les autres,
et le louer de notre merveilleuse complémentarité...
Cette histoire nous rappelle que ce qui fait notre beauté c'est quand nous nous mêlons à la couleur des autres, c'est quand nous nous rendons compte que nous avons besoin des autres pour vivre ! Une beauté qui nous dépasse à la façon d'un arc- en- ciel qui est là mais que l'on ne peut jamais toucher, ni attraper, et encore moins posséder. Un peu comme lorsque nous sommes habités par l'amour de Dieu : une beauté qui ne vient pas de nous, de notre seule couleur, mais qui vient du fait que notre couleur se trouve croisée avec d'autres dans un ensemble.
Et voyez-vous, cela m'a fait repenser à un exemple concret que je voudrais partager avec vous ce matin. Cela se passe il y a quelques années, c'était aux Olympiades de Seattle, organisé pour des handicapés mentaux et physiques.
Il y avait 9 athlètes handicapés. Elles étaient sur la ligne de départ pour la course du 100 m. Chacun avait sa couleur bien distincte, un chasuble avec un numéro. Tous les coureurs avaient le désir de gagner, bien sûr. Au signalement du starter, la course commença. Et puis, il y a eu un événement : c'est que l'un des coureurs est tombé sur la piste ; il a fait quelques tonneaux. Et là il a commençé à pleurer. Ses pleurs ressemblaient plus à un cri de désespoir : c'était pour lui la fin de son rêve, la fin de la course. Une couleur était tombée. Tant pis pour elle. Ainsi en va-t-il de notre course folle dans notre société, chacun pour soi, de notre indifférence quand disparaît une espèce, quand une couleur tombe à terre.
Les 8 autres l'entendirent pleurer si fort qu'ils ralentirent et regardèrent en arrière. Les cris étaient tellement stridents pour eux qu'ils s'arrêtèrent et rebroussèrent chemin... pour aller relever celui qui était à terre. Peut-être un peu comme nous ce matin : nous pouvons penser à ceux que nous avons laissé sur la route, les couleurs que nous avons laissé derrière nous, à terre.
On imagine la suite : les 9 coureurs comme 9 couleurs ont toutes franchi la ligne d'arrivée bras dessus, bras -dessous...Aujourd'hui encore tout le monde se souvient de ce moment où le stade entier s'est levé et a applaudit pendant de longues minutes. Les personnes qui l'ont vu en parlent encore. Pourquoi?
Parce qu'au fond de nous, nous savons tous que la chose la plus importante dans la vie est bien plus que de gagner pour soi. La chose la plus importante dans cette vie, c'est d'entendre le cri de la douleur, celui d'une couleur qui se fane et tombe à terre. Oui, le plus important, c'est de marcher ensemble vers la ligne d'arrivée comme nous l'avons fait en venant ce matin au culte... de sorte que le chemin est plus important que l'arrivée !
Même si cela implique de modifier notre course. Et combien de fois dans la Bible, Dieu modifie sa course, quand il ne s'agit pas la nôtre ! On peut penser à Jésus lui-même : lui aussi a modifie sa course quand il est « pris aux entrailles » et qu'il entend le cri d'un aveugle ou d'un estropié ! C'est alors que l'amour de Dieu se met à l'½uvre.
Vous voyez, ce bouquet de fleurs ? Il est beau n'est-ce pas ? Chaque fleur apporte un plus au bouquet, lui donne une coloration supplémentaire. Il y a peut-être une chose que vous n'avez pas vue, c'est que dans ce bouquet, il y a une fleur qui est cassée, dont la tige ne tient plus beaucoup. Et ce qui la fait tenir, c'est qu'elle est dans le bouquet, tenue par les autres !
Nous aussi, nous pouvons être comme une fleur dont la tige se casse facilement mais ce qui fait que l'on ne se fane pas, c'est quand les autres sont là pour nous tenir dans le bouquet !
Combien de fois nous agissons comme si nous nous suffisions à nous-même, pensant que nous n'avons pas besoin des autres pour vivre jusqu'au jour où... notre tige devient fragile et semble se casser !
Nous voulons le redire à chacun ce matin, comme à Thomas qui a reçu le baptême, lui qui a reçu le bleu de la vie, la parole qui abreuve, habillé du jaune de la lumière, du feu de la foi, du vert de la création : ce qui fait ta beauté, ce n'est pas toi mais Dieu qui te revêt de son amour pour les autres. C'est cet amour qui a modifié la course de beaucoup d'hommes quand leur vie s'est laissée colorée par l'amour de Dieu.
Il y a dans la Bible, un magnifique bouquet de fleur que l'apôtre Paul vient nous offrir avec ses mots. Un bouquet de versets bibliques qui nous parle de l'amour de Dieu dont nous pouvons être un « canal », c'est-à-dire ni l'origine ni la fin mais le simple relais et témoin. Et cela devient possible quand notre couleur vient se mêler aux autres. Prenons ce bouquet de versets comme un cadeau, un bouquet pour chacun. Voici, dit le Seigneur :
Je peux parler les langues des hommes et les langues des anges. Mais si je n'ai pas l'amour, je suis seulement une cloche qui sonne, une cymbale bruyante.
Je peux avoir le don de parler au nom de Dieu, je peux comprendre tous les mystères et posséder toute la connaissance. Je peux avoir une foi assez grande pour déplacer les montagnes. Mais si je n'ai pas l'amour, je ne suis rien!
Je peux distribuer toutes mes richesses à ceux qui ont faim, je peux livrer mon corps au feu. Mais si je n'ai pas l'amour, je n'y gagne rien!
L'amour est patient, l'amour rend service. Il n'est pas jaloux, il ne se vante pas, il ne se gonfle pas d'orgueil.
L'amour ne fait rien de honteux. Il ne cherche pas son intérêt, il ne se met pas en colère, il ne se souvient pas du mal.
Il ne se réjouit pas de l'injustice, mais il se réjouit de la vérité.
L'amour excuse tout, il croit tout, il espère tout, il supporte tout.
Maintenant, ces trois choses demeurent : la foi, l'espérance et l'amour. Mais la plus grande des trois, est l'amour. (1 Corinthiens 13, v.1 à 7 + v.13)